Posté le 28.09.2007 par Claire
Fête de la Toussaint
Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint?
(Psaume 24,3)
Le psaume du jour de la Toussaint nous rappelle le sens de cette fête: c'est une invitation à entrer dans la joie de ceux qui se tiennent dans le lieu saint et contemplent désormais la gloire de Dieu. Les saints célébrés en ce jour de l'année liturgique sont reconnus par l'Eglise comme témoignant par leur vie comme par leur mort, de leur attachement au Seigneur, de leur désir de conformer leur vie à sa volonté et par là, sont à même de nous servir de modèles et de points de repères. Ils sont des lumières pour nous, des phares sur notre route, selon qu'il est écrit au livre du prophète Daniel: Les sages resplendiront comme la splendeur du firmament, et ceux qui ont enseigné la justice comme les étoiles, pour toute l'éternité (Dn 12/3).
Non seulement ils ont quelque chose à nous dire sur Dieu, mais ils doivent susciter notre désir de marcher sur leurs traces pour communier à leur bonheur et éviter de rester tièdes dans notre amour pour le Seigneur.
Comme l'a écrit saint Bernard: « Elle nous attend, cette Eglise des premiers- nés, et nous n'y prêtons pas attention. Ils nous désirent, les saints, et nous n'en faisons guère de cas. Ils comptent sur nous, les justes, et nous restons indifférents. [...] Recherchons les réalités d'en-haut, savourons ces réalités. Désirons ceux qui nous désirent, accourons vers ceux qui nous attendent. »
Et, en se faisant l'écho du cantique du prophète Daniel, avec tous les saints du ciel, chantons:
O vous, esprits et âmes des justes, bénissez le Seigneur: chantez-le, exaltez-le éternellement! O vous, saints et humbles de coeurs bénissez le Seigneur: chantez-le, exaltez-le éternellement (Dn 3,86 et 87)!
Soeur Claire[SIZE=14][COLOR=red][SIZE=7][COLOR=green]
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Posté le 07.04.2007 par Claire
"Sous le pommier, je t'ai réveillé."(Ct 8/5)
Le Cantique des cantiques annonce la bonne nouvelle de la Résurrection par ces mots: "Sous le pommier je t'ai réveillé".
Adam, endormi dans la mort, se réveille à l'appel du Ressuscité: "Je te l'ordonne: éveille-toi, ô toi qui dors, je ne t'ai pas créé pour que tu demeures captif du séjour des morts. Relève-toi d'entre les morts: moi, je suis la vie des morts. Lève-toi oeuvre de mes mains ; lève-toi mon semblable qui as été créé à mon image. Eveille-toi, sortons d'ici. Car tu es en moi, et moi en toi, nous sommes une seule personne indivisible." (Homélie ancienne pour le grand et saint Samedi)
L'appel du Bien-Aimé avait été précédé par ce que Saint Pierre nomme "Le temps de la longanimité de Dieu" (cf.1P 3/19) et qui s'exprime dans le Cantique par le refrain: "N'éveillez pas, ne réveillez pas l'amour avant qu'il ne soit capable de m'aimer pour de bon." (cf.Ct 2/7, 3/5, 8/4)
La venue de Jésus parmi nous, c'est l'apparition sur la terre de Celui qui seul est vraiment capable d'aimer, car Dieu est amour. C'est pourquoi c'est aussi le temps du réveil de l'humanité, du réveil d'Adam.
"Sous le pommier je t'ai réveillé " : Là même où nous avons péché, là nous sommes recréés. C'est à dire sous un arbre. Cependant le pommier du Cantique est presque unique dans la Bible. Cet arbre n'est mentionné qu'une seule autre fois chez le prophète Joël (Jl 1/12).Ailleurs ce sont des grenadiers, des figuiers, des oliviers, des palmiers etc...mais pas de pommier. Cet arbre est donc particulièrement rare et précieux dans l'univers biblique, et son fruit est propre à redonner de forces: "Ranimez-moi avec des pommes ".(Ct 2/5)
L'épouse du Cantique compare le Bien-Aimé à un pommier: "Comme un pommier parmi les arbres de la forêt, tel est mon Bien-Aimé au milieu des jeunes gens" (Ct 2/3) et les Pères y ont reconnu l'arbre de la croix.
Ainsi, depuis l'arbre de la connaissance du bien et du mal dont Adam et Eve avaient mangé le fruit, un fruit de mort, jusqu'au pommier du Cantique de cantiques, Dieu prépare notre re-création. Sous l'arbre, qui n'est plus celui de la connaissance du bien et du mal mais l'arbre de la croix, "pommier" qui donne le plus beau des fruits de la terre: Jésus-Dieu mort pour nous, oui, sous cet arbre nous recevons la Vie.
A Jérusalem, sous le Golgotha, c'est à dire sous la croix du Seigneur, on fait mémoire de la tombe d'Adam. Pâques c'est la fête du nouvel Adam venu abolir la mort du premier Adam, c'est le réveil de la création qui est rendue à la vie par son Créateur. Le Bien-Aimé, en ces temps qui sont les derniers, nous sort du sommeil de la mort pour nous entraîner avec Lui dans la vie éternelle. Il nous redit encore: "Eveille-toi, toi qui dors, lève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera." (Eph 5/14)
Posté le 21.03.2007 par Claire
Mon Bien-Aimé est d'une blancheur étincelante et Il est rouge
Ct 5/10
A la question des filles de Jérusalem: "Qu'a donc ton Bien-Aimé de plus que les autres?" l'épouse du Cantique des cantiques répond: "Mon Bien-Aimé est d'une blancheur étincelante et Il est rouge."
Les deux couleurs qui revêtent le Bien-Aimé représentent un magnifique résumé théologique de la mission du Seigneur Jésus parmi nous.
On pourrait dire ainsi: Jésus, c'est Dieu qui a renoncé à la blancheur étincelante de la condition divine pour prendre la couleur rouge de notre humanité pécheresse et mortelle. (Ph 2/6 ss)
La blancheur étincelante de la gloire de Dieu c'est cette clarté brûlante évoquée par le prophète Isaïe "je veux rester ici impassible et observer du lieu où je suis, comme une chaleur étincelante au dessus de la lumière." (Is 18/5)
Ou encore le souffle venu du désert chez Jérémie: "Un souffle étincelant arrive des solitudes du désert, sur la fille de mon peuple." (Jr 4/11)
Il s'agit là de la grande puissance de Dieu, à l'oeuvre pour éduquer le peuple, dans tout l'éclat de sa gloire. Cette "couleur" est celle des vêtements de Jésus sur la montagne de la Transfiguration, comme il est écrit :" Ses vêtements devinrent d'une blancheur étincelante." (Lc 9/29)
Les disciples de Jésus avaient besoin de Le contempler dans sa blancheur divine étincelante, pour Le reconnaître quand ils Le contempleraient ruisselant de sang, au jardin des Oliviers.
"Mon Bien-Aimé est d'une blancheur étincelante et Il est rouge.
"Rouge"de la couleur d'Adam: en effet, en hébreu, rouge se dit aussi adam. Adam pécheur est comme habillé de rouge , accablé par un monde de sang ( qui se dit dam), par un monde de mort.
Quand Dieu, dans sa miséricorde, vient offrir à l'homme le pardon, Il lui parle en ces termes: "Si vos péchés sont comme l'écarlate, qu'ils deviennent blancs comme la neige; s'ils sont rouges comme la pourpre, qu'ils deviennent comme la laine." (Si 1/18)
Le Bien-Aimé du Cantique des Cantiques préfigure d'une manière étonnante, l'Incarnation de Jésus, venu dans le monde pour porter le péché du monde, comme il est dit dans la deuxième lettre de Saint Paul aux Corinthiens: "Celui qui n'avait pas connu le péché, Dieu l'a fait péché pour nous, afin qu'en Lui nous devenions justice de Dieu." (2Co 5/21)
C'est pourquoi au cours de sa Passion, Jésus a été revêtu de pourpre: "Ils le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d'épines, ils la lui mettent sur la tête." (Mc 15/17)
Pendant ce temps de grâce du Carême, nous sommes particulièrement invités à adorer Jésus étincelant de gloire et rouge, à confesser que c'est parce qu'Il a accepté librement la "couleur rouge" que nous pouvons connaître le pardon des péchés, et la blancheur étincelante de la Rédemption ainsi qu'il est écrit au livre de l'Apocalypse: "Ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'Agneau." (Ap 7/14)
Par le sang précieux de Jésus, nous retrouvons la blancheur étincelante de la divinité, celle que Dieu veut pour nous
"Ote mes taches avec l'hysope, je serai pur;
lave-moi, je serai blanc plus que neige." Ps 51/9
Posté le 04.03.2007 par Claire
Attire-moi derrière toi, nous courrons (Cantique des cantiques 1/4)
Ce court verset du Cantique des cantiques est une magnifique invitation à la conversion inséparable de l'amour du prochain, une belle préparation à la fête de
Pâques où nous avons rendez-vous avec le Bien Aimé ressuscité.
Il s'agit de l'épouse ( qui représente chacun de nous), qui s'adresse à l'Epoux, Dieu lui-même qui a choisi de se présenter à nous de cette manière, pour nous faire comprendre qu'il nous aime d'un amour nuptial.
S'écrier ainsi « attire-moi » est à la fois un cri d'amour et un cri de foi: nous devons reconnaître que nous ne pouvons aller vers Dieu sans la grâce, sans que le Seigneur nous saisisse et nous entraîne. C'est le sens de la prière du prophète Jérémie:
Fais-moi revenir, que je revienne, car tu es le Seigneur mon Dieu (Jr 31/18), qu'on pourrait traduire par convertis-moi et je serai converti.
Accueillir la grâce de Dieu dans notre vie, c'est la première étape, d'une véritable conversion, la deuxième, c'est le passage au pluriel: attire-moi, nous courrons. Le nous représente tous ceux que nous voulons porter devant le Seigneur, tous ceux que nous désirons aider d'une manière ou d'une autre. Se laisser entraîner par Dieu est la meilleure façon d'aimer les autres, de les aimer en vérité.
Dans l'Evangile nous avons l'exemple du pécheur Zachée, qui, à l'appel de Jésus, lui ouvre sa maison et décide de donner la moitié de ses biens aux pauvres (Cf Lc 19/1-10).
Le Carême, ce temps de conversion, de prière et d'aumône qui nous est offert par l'Église, peut être une bonne occasion pour nous replonger avec allégresse dans l'unique commandement, en nous appuyant sur la grâce toute puissante de Dieu :
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.. Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Mc 12/29-31).
Posté le 04.03.2007 par Claire
Les disciples ont vu sa gloire
(Evangile selon saint Marc chapitre 9)
"Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène seuls, à l’écart, sur une haute montagne (Mc 9/2)."
Après avoir évoqué pour la première fois sa passion, après avoir appelé ses disciples à le suivre dans le renoncement, Jésus se révèle à eux resplendissant de la lumière de Dieu. Il choisit une date précise pour cet événement extraordinaire, cette date, c’est "six jours " après nous dit le texte de saint Marc.
Il se trouve que, dans le calendrier liturgique juif, six jours après la fête de Kippur (c’est le jour du Grand Pardon), on entre dans la fête des Tentes. La fête de Kippur étant la plus importante de l’année - elle est appelée Shabat des shabat au livre du Lévitique (Lv 16/31) - on comprend qu’elle puisse être une référence dans le temps, aussi six jours après signifie : six jours après Kippur et donc le début de la fête des Tentes. Kippur célèbre le jour de la repentance, de la conversion, du renoncement à soi-même dans le jeûne et la prière ; quant à la fête des Tentes, elle fait mémoire du temps béni où le peuple, au désert, habitait sous des tentes et recevait tout de Dieu : « Le séjour dans la frêle cabane rappelle (au juif) le souvenir de la sortie d’Egypte, dont parle le prophète Jérémie (Jr 2/2) : Je te garde le souvenir de l’affection de ta jeunesse, de ton amour au temps de tes fiançailles, quand tu me suivais dans le désert, dans une région inculte...A cette heure où nous entrons dans la soucca (cabane), nous réalisons que le seul espoir pour Israël, c’est de s’en remettre à la protection de son Dieu et Roi, de Celui qui a crée le monde ! »
Jésus conduit ses disciples sur la montagne pour vivre avec eux la plus exceptionnelle fête des Tentes. Il choisit Pierre, Jacques et Jean qui seront aussi les témoins privilégiés de son agonie à Gethsemani. Trois, parce que c’est le chiffre qui renvoie à la divinité, c’est le chiffre des patriarches : Abraham, Isaac, Jacob qui, par leur histoire, sont comme autant de révélations de Dieu.J ésus choisit Pierre celui à qui il veut confier son Eglise, comme il est dit en Saint Mathieu : "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise Mt 16/18)", Jacques (en hébreu Jacob) qui représente tout le peuple d’Israël, et Jean, témoin de la grâce de Dieu (en hébreu Johanan veut dire « Dieu fait grâce. »)
"Il a été transfiguré devant eux et ses vêtements sont devenus resplendissants, d’une telle blancheur qu’aucun foulon sur terre ne peut blanchir de la sorte (Mc 9/3)."
En ce jour Jésus dévoile aux apôtres la gloire de sa divinité. Pour la première fois, des yeux de chair contemplent la gloire de Dieu resplendissant sur le visage du Christ : Jésus vrai Dieu et vrai homme apparaît revêtu de splendeur et de majesté, "drapé de lumière comme d’un manteau" selon ce qu’avait dit David au Psaume 104 (Ps 104/1 et 2). La blancheur lumineuse de ses vêtements rappelle le premier vêtement d’Adam, avant le péché, alors qu’il était revêtu de la gloire de Dieu. Jésus, par sa transfiguration, veut nous montrer ce à quoi nous sommes destinés ; retrouver notre vêtement de gloire, être divinisés. C’est pour cela que le Verbe s’est fait chair, que Dieu est venu habiter parmi nous. Selon la parole de Saint Paul, nous marchons tous vers notre transfiguration : "Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transfigurés en cette même icône, allant de gloire en gloire comme de par le Seigneur, qui est esprit. (2 Co 3/18)".
Il s’agit aussi de rassurer les apôtres et de conforter leur foi, juste après la première annonce de la Passion du Seigneur, comme le dit le pape Saint Léon le Grand : « Par cette transfiguration il voulait avant tout prémunir ses disciples contre le scandale de la croix et, en leur révélant toute la grandeur de sa dignité cachée, empêcher que les abaissements de sa passion volontaire ne bouleversent leur foi. »
"Elie leur apparut avec Moïse et ils s’entretenaient avec Jésus. (Mc 9/4)"
Lors de la fête des Tentes, après avoir construit une cabane en mémoire des tentes du peuple au désert, on invite les grands serviteurs de Dieu à entrer. Ici, sur la montagne, les invités sont là alors que les cabanes ne sont pas encore construites ! Et quels invités ! Moïse et Elie, la Loi et les Prophètes, ceux qui représentent tout l’Ancien Testament, ceux qui sont évoqués ensemble à la fin de la Bible juive, par le prophète Malachie : "Rappelez-vous la Loi de Moïse, mon serviteur (....) Voici que je vais envoyer Elie le prophète. (Ml 3/22-23)"
Ainsi, sous les yeux des trois apôtres, l’Ancien Testament s’entretient avec le Nouveau, Jésus parle familièrement avec Moïse et Elie : l’Ecriture est une, une est notre foi, appuyée sur la Parole de Dieu entendue par les prophètes, et contemplée en Jésus par les apôtres.
Pierre, conscient de la « bonté » de cette situation s’écrie : "Rabbi, il est bon pour nous d’être ici ; faisons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie (Mc 9/5)" . Oui ce qui se passe alors est bon, c’est la confirmation de la fidélité de Dieu, de la vérité de sa Parole : « Qu’y a-t-il de mieux établi, de plus solide que cette parole ? La trompette de l’Ancien Testament et celle du Nouveau s’accordent à le proclamer ; et tout ce qui en a témoigné jadis s’accorde avec l’enseignement de l’Eglise. » (3)
Voilà pourquoi Pierre estime-t-il juste de célébrer maintenant la fête des Tentes et il dit :" Faisons donc trois tentes." Mais en réalité, Pierre, Jacques et Jean sont projetés pour un court instant dans l’éternité : ce n’est pas le temps de célébrer une liturgie terrestre mais bien de s’unir à la liturgie céleste, dont Dieu lui-même prend l’initiative : "Et une nuée survint qui les prit sous son ombre, et une voix partit de la nuée : Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; écoutez-le (Mc 9/7) ."
La nuée qui vient du ciel n’est pas sans rappeler celle qui accompagna le peuple lors de son séjour au désert, signe de la protection divine célébrée pendant la fête de Sukkot: "A toutes leurs étapes, lorsque la nuée s’élevait au-dessus de la Demeure, les Israélites se mettaient en marche . Si la nuée ne s’élevait pas, ils ne se mettaient pas en marche jusqu’au jour où elle s’élevait. Car le jour, la nuée du Seigneur était sur la Demeure et, la nuit, il y avait dedans un feu, aux yeux de toute la maison d’Israël, à toutes leurs étapes (Ex 40/36-38)."
Sur la montagne de la Transfiguration, Dieu manifeste aux yeux des disciples, prêts à fêter les Tentes, que la nuée repose déjà sur eux : la réponse à la suggestion de Pierre : "Faisons donc trois tentes (Mc 9/5)," c’est cette nuée qui les couvre de son ombre, comme elle avait recouvert la Vierge Marie au jour de l'Annonciation :"L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre (Lc 1/35)," c’est la présence du Saint Esprit. Nous devons comprendre qu’en Jésus, nous vivons la fête des Tentes d’une manière parfaite car là où est Jésus, là est l’Esprit, là se fait entendre la voix du Père : Jésus est l’Un de la Sainte Trinité.
Ici encore la voix du Père retentit comme pour la théophanie du fleuve (le Baptême dans le Jourdain, cf. Mc 1/11), elle nous enseigne que désormais la Voix de Dieu passe par Jésus : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le (Mc 9/7)."
Cependant les théophanies constituent quelque chose de tout à fait extraordinaire ; ce qui est ordinaire, c’est la vie dans la foi : croire que Jésus est pleinement Dieu, en contemplant un homme, un homme qui sera condamné à mort comme un malfaiteur, un homme qui sera compté pour rien (Mc 9/12) et croire que nous allons vers la Transfiguration quand tout semble nous conduire à la mort.
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Posté le 03.03.2007 par bible
Adam le "ressemblant".
"Dieu créa Adam à son image
à l'image de Dieu Il le créa
masculin et féminin Il les créa."
(Gn 1/27)
Un des plus beaux sens du nom Adam c'est le "ressemblant". Il est écrit au ch 1 de la Genèse: "Dieu dit:" faisons Adam à notre image et selon notre ressemblance."(Gn 1/26)
L'homme s'appelle Adam parce qu'il ressemble à Dieu. La ressemblance en hébreu c'est "damah" ce qui rime sans problème avec Adam qu'on peut donc traduire par " le ressemblant". Adam est "ressemblant" en raison de la capacité donnée par Dieu à l'homme de dominer sur la création, les animaux et tous les instincts qui nous habitent Comme il est dit au livre de l'Ecclésiastique: "Le Seigneur a assigné aux hommes un nombre précis de jours et un temps déterminé, Il a remis en leur pouvoir ce qui est sur terre. Il les a revêtus de force, comme lui-même, à son image Il les a créés."(Si 17/2 et 3)
Plus on se conduit en roi sur la création plus on ressemble à Dieu qui nous veut maîtres du monde:
"A peine le fis-tu moindre qu' un dieu;
tu le couronnes de gloire et de beauté,
pour qu'il domines sur l'oeuvre de tes mains;
tout fut mis par toi sous ses pieds."
(Ps 8/6et7)
Il est bien entendu que dominer sur la création signifie d'abord la maîtrise de soi, l'unification intérieure qui nous fait ressembler au Dieu Un. La royauté de l'homme c'est d'être capable de régner sur soi-même au nom du Seigneur et d'être vainqueur face au pouvoir du mal.
Dans le premier récit de la création, Adam est dit "masculin et féminin". La vocation d' Adam le "ressemblant", dans la création, est d'être "masculin et féminin"; en hébreu le "masculin" est celui qui "fait mémoire" (c'est le nom de Zacharie grand prêtre au Temple de Jérusalem et père de Jean-Baptiste), le "masculin" signifie celui qui célèbre le Nom par le culte. Quant au "féminin" il renvoie plutôt à l'idée de réceptacle, plus précisément de coffret à bijoux. Et il est vrai que l'homme reçoit de Dieu la mission de Le célébrer au nom du peuple tandis que la femme reçoit la mission de donner la vie; à travers ce même don elle obtiendra le salut comme le dit Saint Paul:" Elle sera sauvée en devenant mère" (1Tm 2/5)
L'homme célébrant et la femme portant la vie tel est Adam le "ressemblant".
S'il a plu à Dieu de créer Adam "masculin et féminin" c'est parce que, image de Dieu amour, l'homme est appelé à aimer, comme il est écrit en Saint Jean:" Que tous soient un comme toi ,Père, tu es en moi et moi en toi."(Jn 17/21).
Ou encore: "Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres puisque l'amour est de Dieu et que quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu."(Jn 7/4)
Aussi Jésus , nouvel Adam, est-il appelé" image du Dieu invisible"(Col 1/15), resplendissement de la gloire du Père, image de sa substance"(He 1/3) et il a pu dire à ses disciples:" Qui m'a vu a vu le Père(Jn 14/9) Lui qui était l'Amour comme l'écrit encore Saint Jean: "A ceci nous avons connu l'Amour: Celui-là a donné sa vie pour nous."(1 Jn 3/16)
Nous qui avons été créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, nous qui, à cause du péché, avons abîmé la ressemblance première, efforçons-nous, par une vie sainte, de retrouver notre vocation de "ressemblants".
"Tous ceux qui viennent à Jésus,
et s'efforcent de participer à son image spirituelle
sont renouvelés chaque jour, par le progrès de l'homme intérieur,
à l'image de Celui qui les a faits, de manière qu'ils puissent devenir conformes à son corps de gloire. (.........)
Ayons donc toujours les yeux fixés sur cette image de Dieu, afin de pouvoir être re-formés à sa ressemblance."
(Origène: homélies sur la genèse)